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Mon enfant n’a pas d’amis

Mon enfant n’a pas d’amis

Oh que ça fait mal à mon petit cœur de maman d’écrire que mon enfant n’a pas d’amis. Mais c’est tellement la vérité… 🙁

Mon enfant n'a pas d'amis | Jardine ta vie
Crédit photo : Greyerbaby – Pixabay

Ma fille est seule au milieu d’une foule. Mais ce qui me fait de la peine, c’est que contrairement à moi, elle va à la rencontre des autres. Elle est constamment rejetée d’une manière ou d’une autre…

Il y a 2 semaines, on a fait sa fête dans un centre d’amusement et on avait invité 4 copines de classe. Après une heure elle est venue me parler pour me dire : « tu vois maman, elles ne sont pas mes amies, elles ne veulent pas jouer avec moi ». Je ne pouvais pas la contredire, les fillettes s’amusaient entre elles en l’excluant totalement…

Des situations du genre, elle en vit beaucoup… Même là où ça ne devrait pas…

Le mois dernier, nous étions à la fête de la fille de nos amis de longue date, la petite a 7 ans (ma fille 6) et les autres enfants présents avaient 8 et 9 ans et ils se connaissent tous depuis leur naissance. Croyez le ou non, elle s’est fait tasser toute la soirée et fiston de 2 ans et demi s’est amusé comme jamais… Aucun adulte (parents des autres enfants) n’est intervenu en sa faveur, c’est même le contraire qui s’est produit plusieurs fois. Sur le chemin du retour, notre fille nous a dit qu’elle ne voulait pas les voir à sa fête puisqu’ils ne sont pas ses amis… Quoi dire? Elle avait encore raison…

Dans sa classe la semaine dernière, elle a été la seule à ne trouver personne pour son travail d’équipe à l’école, elle est revenue à la maison en me disait qu’elle avait été la chanceuse qui a pu faire le travail avec le professeur. L’acidité m’a monté à la gorge et je lui ai dit que oui, elle avait été chanceuse cette fois.

Quoi dire, quoi faire?

Intervenir est la première chose qui me vient à l’esprit mais dans les fait, quand je vois qu’elle se fait rejeter, la colère gronde en moi et du coup, je ne suis plus la bonne personne pour l’accompagner. Et chaque fois, je me dis que c’est les parents de ceux qui rejettent mon enfant qui devraient intervenir en sa faveur auprès de leur enfant… Ça n’arrive JAMAIS!!!!

Pour ce qui est de l’école, j’en ai parlé avec son professeur qui l’aidait beaucoup à ce niveau mais voilà, elle est en congé maladie depuis le congé de Noël, la remplaçante ne voit pas de problèmes et me dis que tout va très bien. J’ai compris seulement à sa fête qu’elle est seule au milieu de la foule, c’est peut-être difficile à voir quand on gère une classe…

Me trouvant incompétente pour les relations, je lui paye une heure par semaine avec une dame qu’elle adore et qui est justement une professeur de maternelle à la retraite, mon but avoué est qu’elle l’aide à développer au fil de temps des compétences relationnelles tout en se respectant.

Chaque fois qu’on le peut, elle invite une copine de classe à venir jouer à la maison. On pensait l’aider à développer une relation plus profonde avec l’une d’elles au fil du temps. Pour vous dire, aucune n’est revenue une 2e fois, elle se fait souvent dire non pour diverses raisons. Ce qui me choque le plus, c’est les parents qui reviennent chercher leur fille et qui promettent d’inviter la mienne bientôt. Les invitations n’arrivent JAMAIS et ça me fait une autre peine à gérer parce que ma poulette y croit!!!!

Je me dis qu’elle a 6 ans, que rien n’est perdu mais ce qui me fait le plus peur dans cette incapacité à nouer des relations solides, c’est l’intimidation auquel elle s’expose. Aujourd’hui elle est à la maternelle et elle tient la main du professeur quand elle en ressent le besoin mais bientôt, ce sera une option gênante… Voilà pourquoi le sujet me préoccupe tant.

Quand la pomme ne tombe pas loin de l’arbre

Ce que je n’avais pas prévu en devenant maman, c’est que je me retrouverais confronté à ma propre histoire à chacune des étapes que mes enfants vivent. Des fois je réalise que les vieux bobos que je croyais réglés, étaient juste en dormance et qu’ils attendaient juste l’occasion pour se manifester… Pour la question de l’amitié, je suis obligé de dire que la pomme est tombée vraiment très proche de l’arbre…

Du plus loin que je me souvienne, j’ai de la difficulté à nouer des amitiés sincères et solides. Vous savez les amies à qui ont dit tout… Je ne sais pas si ça fait looser à dire mais j’ai mis 42 ans à me faire des vraies amies avec qui j’ai envie de parler plus que de la pluie et du beau temps… Et j’ai encore 42 ans en ce moment…. (bruit de criquet…).

Enfant, j’ai bien eu une meilleure amie mais le problème, c’est que je n’étais pas sa meilleure amie à elle. J’en ai beaucoup souffert quand elle me tournait le dos pour aller vers ses meilleures amies mais je me disais que c’était mieux que rien. Aujourd’hui je pense souvent à elle et je l’aide comme je peux quand elle vit des difficultés, vive Facebook parce que il y a belle lurette qu’on s’est perdue de vue. Ce n’est pas le genre d’amitié que je souhaite à ma poulette, c’est souffrant…

J’écris ces lignes et je me dis que je suis une personne extrêmement forte. Vous savez, l’arbre qui se tient droit malgré le vent qui veut le faire plier, c’est l’image que j’ai de moi. Jamais de toute ma vie, je n’ai été protégée par la forêt autour de moi, j’ai tout affronté et assumé toute seule. Je n’avais aucune amie à qui parler des tempêtes et sécheresses qui passaient dans ma vie, aucune épaule sur laquelle pleurer, aucune main pour faire des « high five » pour célébrer mes victoires… Je mentirais si je disais que ça été facile mais c’était mon chemin de vie j’imagine. La seule fierté que j’en tire en ce moment, c’est que je me suis tout le temps respecté en préférant être seule que mal accompagnée.

Ma chance à moi dans la vie, c’est d’avoir eu ma sœur et ma mère à qui parler. C’est aussi d’avoir trouvé un meilleur ami à marier! Et tout au long de ma vie, je n’ai jamais hésité à faire appel à des psychologues ou autres professionnels pour me démêler. Parce que pour avancer, vaut mieux payer un professionnel que de parler à quelqu’un qui n’apporte rien…

Ce que je sais de l’amitié

En fait pour m’être fait quelques vraies amies ces derniers mois, je réalise que je n’ai pas fait grand chose pour que ces amitiés prennent naissance. J’ai l’impression que les vraies amitiés c’est comme les amours, il s’agit de hasards de la vie qu’on saisit ou non quand ils se présentent et qu’on jardine ensuite. Je pense que l’amitié et l’amour c’est deux choses très similaires, de là les peines d’amitié.

C’est des vraies amitiés que je souhaite à ma fille mais j’aimerais que ça lui tombe dessus bien avant moi…

Ça m’aura pris ce millier de mots, parce que oui, si vous me lisez encore, vous avez lu plus de 1000 mots (MERCI!!!!!) pour peut-être trouver comment accompagner ma fille là dedans….

Accompagner ma fille là dedans…

Et si je lui expliquais la différence entre amis et connaissances? Est-ce que du haut de ses 6 ans elle comprendrait? Je tend à penser que oui…on verra bien!

Je me dis qu’on est tous entourés de personnes moins proches, qu’on appelle des connaissances, mais qui sont tout de même importantes sur nos parcours. Même si l’attachement à ces personnes n’est pas aussi profond, elles sont déjà dans nos vie et aussi bien y porter un peu plus attention. En ayant des attentes réalistes, peut-être qu’elle vivra un peu moins le sentiment de rejet mais surtout qu’elle saura se protéger et se respecter en attendant l’arrivée dans sa vie d’une précieuse « best friend »… À suivre!

Vivez-vous ou avez-vous déjà vécu cette situation? Des pistes de solutions à partager?

8 thoughts on “Mon enfant n’a pas d’amis

  1. Je n’ai pas vraiment de pistes de solution. Mon grand aussi n’a pas d’amis. Moi j’en ai 3-4 environ et mon chum zéro. Alors on est pas très doués pour l’aider. J’ai réalisé aussi par le passé qu’il m’arrivait souvent de penser qu’une personne était mon amie alors que ce n’était pas du tout le cas. Je n’interprète pas toujours les codes sociaux de la bonne façon. Je ne pense pas qu’il y ait bcp de trucs pour ça. Mon plus jeune est vraiment timide, pourtant, il attire tous les amis quand on va au parc. Sans rien faire!

    1. Moi aussi je considère que mes compétences sociales en matière de relations sont assez limitées, ca ne m’aide pas vraiment à l’accompagner dans ses déceptions.

      Je me souviens par contre d’en avoir souffert avant d’accepter mon sort et de m’en accommoder. Par contre, de mon côté ça provenait de ma timidité et de mon manque de confiance alors il y avait une explication logique et acceptable pour l’expliquer. Ce n’est pas du tout ce que vit ma fille et l’explication est pas mal plus complexe et subjective, parce que je peux bien me tromper sur les intentions des autres.. Je marche un peu sur des oeufs…
      .
      Tout le monde n’est pas méchant parce qu’il ne veut pas jouer avec elle mais elle n’est pas non plus méchante parce que personne ne veut d’elle. J’aimerais tant que ça ne vienne pas ternir l’image qu’elle a d’elle même et je réalise que tous ces rejets sont en train de la forger et tout doucement, une carapace est en train de se créer… Je la trouve jeune en titi pour commencer à se protéger des autres….

  2. Si elle est rejetée par toutes ses petites amies, peut-être est-ce parce qu’elle a un problème à bien communiquer avec elles ? Je ne dis pas que c’est nécessairement le cas, mais en ce qui concernait la fille de mon amie, c’était son comportement qui était à l’origine du problème. En gros, elle socialisait inadéquatement. Pas qu’elle manquait de vocabulaire, juste qu’elle ne respectait pas très bien les règles sociales (attendre son tour pour aller dans le jeu ou pour parler, dire s’il-te-plaît pour obtenir quelque chose, etc.) et ne comprenait pas super bien les messages transmis par les gestes et expressions faciales de ses «amies».
    Je te comprends d’avoir le coeur gros, son estime de soi risque d’en prendre un coup si elle vit continuellement du rejet. En as-tu discuté avec son enseignante afin d’en savoir plus sur son comportement à l’école ? Peut-être même en parler au médecin? Ce n’est sûrement pas grand chose, mais dans le doute…

    1. Je te dirais que c’est une petite Gère-Mène qui aime être le chef de clan mais qu’elle a bien peu de possibilités pour le démontrer.

      De ce que je vois, elle se fait souvent faire des choses inacceptables par un peu tout le monde. En fin de semaine dernière, je passais ma vie à lui dire d’attendre son tour au centre d’amusement et voilà qu’elle se fait tasser par des jeunes adultes qui m’ont bien entendu lui dire d’attendre son tour et d’attendre encore quand c’est un bébé qui passe devant elle…. Qu’est-ce que je peux faire???!!! Aller leur parler pour me faire rire au nez?! J’ai pas osé…

      Mais comme tu peux le voir, elle vit des situations frustrantes même avec les personnes qu’elle aime… Ça arrive franchement trop souvent à mon goût et je vois bien que ce sera à moi de développer mes compétences sociales pour l’aider à se faire respecter… Pas facile! Mais oui, je n’exclus pas du tout de consulter pour l’aider. 🙂

  3. Ça me touche beaucoup, 2 de mes 3 gars éprouvent des difficultés à se faire des amis. L’un d’entre eux n’en veut pas, ce n’est pas un problème pour lui présentement. Pour l’aîné toutefois, c’est souffrant de le voir essayer mais sans succès. Il essaie fort, malgré ses difficultés sociales.

    Sa fête s’en vient fin avril et je souhaite plus que tout qu’il aie 2 camarades de classe qui voudront bien venir à la maison. On devra travailler fort pour qu’il arrive à en inviter 2 et je croise les doigts pour que les deux acceptent.

    1. Je te dirais que ça m’a laissé un goût doux amer d’inviter ses copines de classe, d’un côté c’était une perte (ça m’a quand même coûté 250$) et de l’autre, ça m’a permis de comprendre plein de choses.

      J’ai eu la chance de profiter d’un événement parent-enfant dans sa classe pour distribuer nos invitations, comme sa fête tombait durant la relâche, presque personne ne pouvait accepter pour plein de raisons, Par contre j’ai été marquée par la maman d’un petit garçon qui m’a raconté que quelques semaines plus tôt, tout le monde que son fils voulait inviter à sa fête ont décliné l’invitation pour aller à la fête d’un garçon plus populaire dans la classe, lui n’avait pas été invité. Elle m’a fait réaliser à quel point c’était délicat tout ça et que ça crée plein de situations qu’on peut pas contrôler mais qui font de la peine à nos enfants…

      Je ne pense pas retenter l’expérience à moins qu’elle me le demande, je préfère de loin qu’elle invite ses copines une à une chez nous. Sa prochaine fête est dans un an, les choses ont bien le temps de changer. 🙂

      Je croise les doigts pour toi pour qu’il ait 2 camarades présents pour lui… tellement pas facile 🙁

  4. Ça vient me chercher ce que vous vivez. Sûrement parce que nous vivons l’étape de la maternelle en même temps. Ma fille aura 6 ans ce week-end. Personnellement, j’ai eu beaucoup de difficulté avec l’entrée à la grande école. J’appréhendais beaucoup le « T’es pus mon amie ! », « j’veux pas jouer avec toi ! », etc. Ce bout-là de l’enfance me fait vraiment suer… Dès le début des classes, j’ai dit à ma fille qu’il fallait qu’elle soit intrusive et non exclusive avec ses tous ses nouveaux ami(e)s… On accepte tout le monde dans la gang, on joue à deux, un troisième se rajoute, on l’accepte… Résultat :C’est elle qui se faisait tasser. J’étais enragé ! Nous en avons longuement discuté, avons essayer de trouver des solutions… Elle a testé des trucs avec certaines copines, ont a réajustés le tir sur d’autres points. Pour moi l’essentiel, c’est qu’elle m’en parle, que je puisses être au courant pour qu’elle sache que je suis là pour elle et qu’au besoin je puisses réagir. Évidemment, les difficultés de nos enfants viennent nous toucher. On veut les protéger au max des revers de la vie. Mais en même temps, c’est vrai qu’il faut aussi qu’il soit confronté à la réalité pour qu’il puisse apprendre à se protéger. C’est aussi leur donner des outils pour les années à venir. Malheureusement, nos enfants doivent dealer avec leur propre personnalité, en plus de celles des autres. (Sans parler des autres parents, grrr….) C’est pas facile ! J’espère que vous trouverez une piste de solution 😉

    1. J’enseigne exactement la même chose à ma fille!!! Je trouve ça fou ce qui leur arrive.

      Depuis hier je pense à tout ça, son papa et moi on en a discuté et on a décidé d’être plus présent pour elle quand on sait qu’elle va vivre le rejet (ça se passe beaucoup avec les enfants de nos amis), un de nous 2 sera son parent désigné pour garder un œil discret sur elle et être à son écoute quand on les voit.

      Comme vous le dites, l’essentiel c’est que les enfants nous en parle. Et je réalise maintenant que je l’ai peut-être mal préparée à la vie…

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